Ca m'tue. Tu m'ronges.Les jours me semblent des éternités.Les jours sans nom, les jours sans toi, les jours sanglants.

Ca m'tue. Tu m'ronges.Les jours me semblent des éternités.Les jours sans nom, les jours sans toi, les jours sanglants.
Une goutte d'or palpite dans l'azur.
Cette goutte d'or qui cerne paisiblement les noirs contours de l'ombre.
Tout devient silhouette sous la richesse de son empire.
Tout est morceau de ténèbres, éclat d'obscurité,
spectre sans âme ou lambeaux de Néant. Tout est inerte.
L'envers de la lumière scintille contre nos yeux, danse sur nos pupilles.

Cette goutte d'or qui jette ses reflets sur les lacs endormis,
A la fleur des eaux mortes où se mirent les nuages.
Leurs visages rougissent, maquillés par le ciel,
Ils transpirent la couleur, maculés d'émotions.
Les sentiments se mêlent à l'air en silence.
Comme le parfum d'une fleur muette enlace la rose des vents.
L'oeillet de poète exhale ses mots doux aux oreilles de la brise.
Les rimes suaves se déguisent :
Ses murmures sont des caresses et ses promesses, des parjures.

Le soir tombe.
Les pétales se referment sur leurs secrets et leurs mensonges.
Un voile tombe sur la ville & la vie s'éteint peu à peu.

Une goutte d'or s'est noyée dans la nuit.

# Posté le dimanche 25 octobre 2009 05:50

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 13:31


______Plonger toute entière dans la froideur de ces eaux noires. Plonger. M'enfoncer dans ce flot de cendres et le laisser m'envahir, me dévorer. Lentement. Sentir ses dents amères se refermer sur moi. Morsûre divine et sanguinaire, poison merveilleux, bain des derniers soupirs. Oh ! M'abandonner et mourir ! Sombrer dans la langueur de cette prison trouble. Y retrouver mon double, frémissant sur la surface lisse que seule ma mouvance brise en vagues légères. Je contemple ces rides sombres et silencieuses qui parcourent et plissent paisiblement la peau brune de l'eau. Elles roulent comme des larmes jusqu'au bord de l'étang et viennent faire naufrage au pied des blanches arènes. Elles sont commes des perles vagabondes léchant soigneusement la soie aqueuse de mes sanglots, dévalant le voile charbonneux de cette nuit sans étoiles. Oh ! Glisser sans l'ombre d'un remord au milieu des remous si tendres. Glisser dans les bras de l'immensité sombre qui m'étreint. Sentir ses bras et ses mains qui m'entourent. Sentir chaque goutte embrasser mon corps. Chaque bulle d'oxygène se détacher de mes pores, suivre mes courbes, me frôler dans une caresse puis se fondre, enfin, dans l'air évanescent.


______Je respire encore, flottant dans l'inertie et la solitude de cette cage liquide, mais pour combien de temps ? Soudain,______ ______j'entends monter l'appel des profondeurs, un cri sourd qui transperce l'onde dans un tintement diffus. Hum...______ ______Me noyer encore un peu plus. Juste un peu plus... Je ne suis plus maintenant, qu'une île à la dérive émergeant à______ ______peine des éternelles abysses. Je suis cette île que la peine inonde et qui attend, fébrilement, d'être engloutie. C'est______ ______comme si j'avais déjà un pied dans les limbes : elles m'enveloppent avec douceur, étouffant les malheurs avec______ ______harmonie. Joyeux havre d'oubli que cette lente noyade ! Une renaissance qui gentiment, m'anéantie de l'intérieur.

______La douleur n'est plus qu'une épave bruissant dans les bas-fonds, un lointain souvenir enfoui comme un trésor dans le______ ______sable doré des mémoires endormies. L'obscure liqueur me chante aujourd'hui des refrains plus forts : des requiems______ ______pour mes détresses et des louanges pour le bonheur. Une douce chanson pénètre mon âme, mélodie âcre &______ ______chaleureuse digne de la sirène scandinave. Voici l'appel des profondeurs : sa voix riante berce mes songes et abreuve______ ______mes pensées en illusions majestueuses. La pâle musique m'ensorcèle. J'inspire intensément et cède à l'hérésie.______ ______Ah ! Sombrer ! Laisser fondre sur moi le torrent des ténèbres ! Sentir cet elixir, l'essence même de la vie s'emparer______ ______de mon être... c'est comme verser du vin sur ma longue agonie. La mort s'immisce et se laisse désirer. Elle se distille______ ______sans accout, imprégnant son étrange saveur sur mes papilles émerveillées : c'est comme si j'avalais la nuit en goulées______ ______acides et sucrées. Oh ! Finir de pourrir ce coeur déjà noyé par le sang de nos plaies. Laver enfin l'affront, les______ ______blessures & la boue du passé,cette sinistre poussière qui m'a trop longtemps salie, enfin l'ensevelir ! Enfin...
______Je chavire et m'abîme dans cette mer de suie : mes paupières mouillées se ferment, mon visage s'enlise et disparaît.______ ______Ô délices indicibles de la délivrance, enfin vous effleurer et périr dans l'ombre glacée sans un regard vers le ciel !______ ______Périr de vous avoir touchés, mais le sourire aux lèvres.


FIN


# Posté le mardi 03 novembre 2009 15:33

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 04:47